Programmation Opéra / Ballet Les Ponts-de-Cé

VOTRE SAISON
2020-2021
Jeudi
15
19H30
Octobre 2020
L'Italienne à Alger
Composition
Gioachino Rossini
Mise en scène
Moshe Leiser, Patrice Caurier
Direction Musicale
Jean-Christophe Spinosi
Distribution
Cecilia Bartoli (Isabella), Ildar Abdrazakov (Mustafà), Edgardo Rocha (Lindoro), Alessandro Corbelli (Taddeo), José Coca Loza (Haly), Rebeca Olvera (Elvira), Rosa Bove (Zulma)

Composée par Rossini à vingt et un ans, en trois semaines, L’Italienne à Alger a d’emblée conquis le public et reste encore aujourd’hui l’un des fleurons de l’opéra bouffe à la napolitaine. Dans cette production filmée au Festival de Salzbourg, les metteurs en scène Patrice Caurier et Moshe Leiser s’en donnent à cœur joie dans une transposition iconoclaste qui réjouit le public : à l’heure où l’Algérie entame sa mutation, cette plongée dans un univers complètement déjanté tient de la BD, de la parodie, de l’opérette et parfois de la franche rigolade. Mais tout cela ne tiendrait pas sans la troupe déchainée menée par une Cecilia Bartoli irrésistible et un Ildar Abdrazakov quasi surréaliste, sous la baguette amphétaminée de Jean-Christophe Spinosi. Il y a là ce qui a toujours été la préoccupation de Rossini, le plaisir!

Mardi
24
19H30
Novembre 2020
Tosca
Composition
Giacomo Puccini
Mise en scène
Davide Livermore
Direction Musicale
Riccardo Chailly
Distribution
Anna Netrebko (Floria Tosca), Francesco Meli (Mario Cavaradossi), Luca Salsi (Le baron Scarpia), Carlo Cigni (Cesare Angelotti), Alfonso Antoniozzi (Le sacristain), Carlo Bosi (Spoletta), Giulio Mastrototaro (Sciarrone ), Ernesto Panariello (Un geôlier),

Bouleversante d’intensité théâtrale, Tosca est une œuvre portée par une musique à la fois moderne et populaire, à l’impact directement physique, dans laquelle il n’y a pas un moment qui n’agrippe l’oreille et le cœur. Mais il faut des chanteurs-acteurs qui soient à la mesure de ces rôles superlatifs : pour ce spectacle filmé à la Scala de Milan, l’événement était la prise de rôle en Tosca de la fabuleuse Anna Netrebko, présence flamboyante, sensualité fougueuse, intelligence scénique époustouflante. Avec aussi le prometteur ténor italien Francesco Meli en Mario, le baryton Luca Salsi, séducteur et carnassier en Scarpia, tous trois sont portés par une fièvre sans cesse attisée par la direction ardente de Riccardo Chailly. Avec eux, vous ne pourrez échapper aux sortilèges de cette musique envoûtante et tragique, déployée dans des décors somptueux et une mise en scène très cinématographique.

Jeudi
17
19H30
Décembre 2020
Play
Composition
Mikael Karlsson
Mise en scène
Alexander Ekman
Direction Musicale
Mikael Karlsson
Distribution
Les Étoiles, les Premiers Danseurs et le Corps de Ballet

Personnalité bouillonnante de la scène chorégraphique contemporaine, le Suédois Alexander Ekman est invité pour la première fois à travailler avec les danseurs du Ballet de l’Opéra. Formé au Ballet Royal Suédois, il a dansé avec le Nederlands Dans Theater et le Ballet Cullberg avant de se lancer dans la chorégraphie. Son langage, viscéral et teinté d’humour, mélange théâtralité, vocabulaires classique et contemporain. Connu pour ses pièces spectaculaires, aux univers oniriques toujours très imagés, il investit le plateau du Palais Garnier. Structures métalliques, danseurs suspendus, élévations… Un spectacle surprenant, porté par un rythme entraînant et une énergie communicative.

Jeudi
21
19H30
Janvier 2021
Orfeo ed Euridice
Composition
Christoph Willibald Gluck
Mise en scène
Robert Carsen
Direction Musicale
Diego Fasolis
Distribution
Philippe Jaroussky (Orfeo), Patricia Petibon (Euridice), Emőke Baráth (Amore)

Lorsqu’il reprend la fable de l’Orfeo, Gluck s’engage en même temps dans un renouveau des codes de l’opéra jusqu’alors en vigueur. Il décide de se concentrer sur l’action dramatique, sa force, sa cohérence et sa richesse, qui à ses yeux se doivent d’être en parfaite harmonie avec l’écriture musicale. De cette réflexion surgit un ouvrage novateur qui, par l’incroyable richesse des ballets et des chœurs notamment, rayonne d’une beauté lumineuse tout en « réformant » les formes du passé. Le canadien Robert Carsen par sa mise en scène hors de toutes références temporelles traduit toute l’universalité de l’ouvrage et donne une place de choix à la musique et au chant.

Jeudi
18
19H15
Février 2021
Aida (en direct)
Composition
Giuseppe Verdi
Mise en scène
Lotte de Beer
Direction Musicale
Michele Mariotti
Distribution
Soloman Howard (Il re), Elīna Garanča (Amneris), Sondra Radvanovsky (Aida), Jonas Kaufmann (Radames), Dmitry Belosselskiy (Ramfis), Ludovic Tézier (Amonasro), Alessandro Liberatore (Un messaggero), Gabriella Reyes (Sacerdotessa)

Créé à l’Opéra du Caire en 1871 pour célébrer l’ouverture du Canal de Suez, Aida nous plonge dans le fantasme d’une Antiquité reconstituée. Au cœur de l’intrigue, un choix impossible entre l’amour et le devoir patriotique : une princesse éthiopienne captive et un militaire égyptien trahissent leur peuple et défient une puissante rivale, s’unissant jusqu’à la mort. Marquée par le contraste entre un spectacle démesuré et la transition vers une dramaturgie de l’intimité, la partition de Verdi réussit à distinguer le drame intérieur de ses protagonistes de l’imposant cadre historique. L’œuvre réunit les thématiques chères au compositeur : la nostalgie de la patrie perdue, la délivrance par la mort, l’opposition entre un présent décevant et un ailleurs idéalisé, le poids des pouvoirs religieux et politiques, éléments régulateurs d’un monde conçu comme un piège. La metteure en scène hollandaise Lotte de Beer, pour ses débuts à l’Opéra national de Paris, choisit de porter un regard critique sur la représentation européenne des peuples colonisés, nous incitant à repenser notre rapport aux productions esthétiques du passé et du présent.

Jeudi
25
19H15
Mars 2021
Faust (en direct)
Composition
Charles Gounod
Mise en scène
Tobias Kratzer
Direction Musicale
Lorenzo Viotti
Distribution
Benjamin Bernheim (Faust), Ildar Abdrazakov (Méphistophélès), Florian Sempey (Valentin), Christian Helmer (Wagner), Ermonela Jaho (Marguerite), Michèle Losier (Siébel), Sylvie Brunet‑Grupposo (Dame Marthe)

Je veux un trésor, qui les contient tous ! Je veux la jeunesse ! Frustré par la quête futile du savoir, le vieux savant Faust vend son âme au diable en échange de la jeunesse éternelle et de la belle Marguerite… Gounod retravaille le mythe popularisé par Goethe pour s’attacher à l’histoire d’amour et magnifie la chute et le salut final de Marguerite. Son choix d’alléger la portée philosophique du récit lui permet de trouver un équilibre entre les scènes où le surnaturel fait appel au grand spectacle et un univers réglé par l’intériorité de l’action et des sentiments. La partition de Gounod est un tour de force d’invention mélodique, révélant dans l’écriture vocale l’art du compositeur à transmettre une émotion sincère et immédiate. Pour ses débuts à l’Opéra national de Paris, le metteur en scène allemand Tobias Kratzer livre une réflexion sur l’obsession pour la jeunesse éternelle de la société contemporaine. Grâce à un dispositif scénique élaboré, sa mise en scène oscille entre hyperréalisme et magie, entre le monde d’aujourd’hui et l’atmosphère mystérieuse du romantisme allemand.

Jeudi
15
19H15
Avril 2021
Le Parc (en direct)
Composition
Wolfgang Amadeus Mozart
Mise en scène
Angelin Preljocaj
Direction Musicale
Benjamin Shwartz
Distribution
Les Étoiles, les Premiers Danseurs et le Corps de Ballet de l’Opéra

Dans cette pièce conçue pour le Ballet de l’Opéra en 1994, le chorégraphe Angelin Preljocaj réussit un subtil équilibre entre souffle classique, porté par la musique de Mozart, et modernité de son langage chorégraphique. Les décors ciselés évoquent l’élégance et la délicatesse des jardins « à la française » et les costumes s’inspirent de ceux du siècle des Lumières. Évoluant au gré d’une carte imaginaire du Tendre, guidés par d’étranges jardiniers, les danseurs s’éveillent à l’amour, de la rencontre aux jeux de séduction, de la timidité à l’attirance, de la résistance à la douceur de l’abandon dans l’envol d’un sublime pas de deux. Aujourd’hui encore, cette œuvre intemporelle interroge le cheminement des sentiments et explore les codes amoureux.

Mardi
27
19H15
Avril 2021
Notre-Dame de Paris (en direct)
Composition
Maurice Jarre
Mise en scène
Roland Petit
Direction Musicale
Jean-François Verdier
Distribution
Les Étoiles, les Premiers Danseurs et le Corps de Ballet de l’Opéra de Paris avec les élèves de l’École de Danse

Première pièce de Roland Petit créée pour le Ballet de l’Opéra de Paris en 1965, Notre-Dame de Paris réunit tous les ingrédients du grand spectacle. Le ballet s’inspire du chef-d’œuvre de Victor Hugo, avec ses personnages hauts en couleur : la belle Esmeralda, l’attachant Quasimodo, le machiavélique Frollo et le cynique Phoebus. Yves Saint Laurent signe des costumes colorés et graphiques dans les décors du peintre René Allio qui restituent la splendeur de la cathédrale parisienne. La chorégraphie traduit toute la force expressive de ces personnages confrontés à une histoire d’amour et de mort, entourés de l’ensemble du Corps de Ballet. À l’occasion du dixième anniversaire de la disparition du chorégraphe, la Compagnie redonne vie à cette magnifique fresque dansante, sur la scène de l’Opéra Bastille.

Jeudi
03
19H15
Juin 2021
La Dame de pique (en direct)
Composition
Piotr Ilyitch Tchaikovski
Mise en scène
Dmitri Tcherniakov
Direction Musicale
Daniel Barenboim
Distribution
Brandon Jovanovich (Hermann), John Lundgren (Comte Tomski), Étienne Dupuis (Prince Eletski), Alexey Dolgov (Tchekalinski), Gábor Bretz (Sourine), Vasily Gorshkov (Tchaplitski), Pyotr Migunov (Naroumov), Nicky Spence (Le maître de cérémonie), Violeta Urman

« Deux obsessions ne peuvent pas exister dans le même esprit, comme deux corps dans le même espace », écrit Pouchkine dans sa nouvelle La Dame de pique en 1834. Le jeune Hermann, avide d’ascension sociale, sacrifie son amour pour Lisa, obsédé par une formule magique détenue par une vieille Comtesse qui lui permettrait de gagner aux cartes. Ayant causé sa mort, il périra, trompé par le fantôme de sa victime. L’opéra qu’en fit Tchaikovski en 1890 dresse un portrait amer de la génération des dernières années de la Russie tsariste, dissimulé sous les traits d’une représentation animée du règne de Catherine II. Les rues, les rives et les bals de Saint-Pétersbourg émergent d’une partition qui cherche délibérément à restituer les formes musicales du XVIIIe siècle, ne sacrifiant pourtant rien à ce lyrisme fervent qui distingue l’écriture de Tchaïkovski. Pour sa nouvelle collaboration avec l’institution, le metteur en scène russe Dmitri Tcherniakov poursuit l’exploration du grand répertoire de son pays natal, avec l’un des chefs-d’œuvre lyriques du plus européen des compositeurs russes.